
C’est une histoire qui se transmet depuis longtemps, de port en port,
Une histoire qui se raconte autour d’un verre d’alcool fort pour se donner du courage,
Une histoire taillée pour effrayer les novices et faire frissonner les femmes.
La légende veut qu’un capitaine ivre de rhum et de vengeance alla jusqu’à invoquer le châtiment des dieux, pour satisfaire son courroux. C’est ainsi qu’une tempête, jamais vue de mémoire de marin, embrasa les océans du globe : la foudre incendiait le ciel comme en plein jour et le tonnerre claquait à en fendre la pierre.
Le lendemain, apaisé, le capitaine un peu soupe-au-lait, décida de lever l’ancre, car la câle de son navire ne contenait plus que quelques bonbons et de curieux toasts à l’avocat. Connaissant son équipage et redoutant une mutinerie il donna donc l’ordre de faire voile vers les vignes d’Oberlin-le-vieux.
Ce qu’il ne savait pas c’est que l’effroyable coup de tabac de la nuit, avait secoué et réveillés les abysses jusque dans ces plus insondables profondeurs.
Les quelques témoins horrifiés de la scène ont tous décrit la disparition soudaine du SGK dans une gerbe bouillonnante gigantesque. On ne sait quel crédit accorder à leur dires, mais ils ont tous jurés avoir vus des pinces énormes, grosses comme la Tour Philippe le Bon, se saisir du navire et le sectionner comme une simple brindille. On ne sait pas s’il y eu des survivants, mais certains disent avoir vu des corps aspirés par une île vivante, dardées de pics rougeâtres.