Après plusieurs jours accrochés à leur radeau de fortune, ils n’étaient plus que trois. Les autres rescapés avaient sombré, certains emportés par la mer, d’autres par le désespoir. C’est alors qu’une voile apparut à l’horizon, se rapprochant lentement comme un mirage. Un navire seul, abandonné de son équipage, dérivant sans maître.
Ils en prirent possession, unis par une vengeance contre les routes maritimes qui les avaient trahis, et lui donnèrent un nom : La Méduse. Tel un seul et même organisme, La Méduse et ses occupants erraient au gré des vents et des courants, surtout les nuits de brouillard. Elle semblait hanter les mers du globe. Ceux qui aperçurent ses lanternes ou son pavillon noir jurèrent que leur sang s’était figé, comme si le regard du navire lui-même les avait condamnés.
À son cœur, les trois survivants étaient liés par une détermination aussi tenace que le venin de la Méduse, prêts à offrir à chaque navire croisé le même destin qu’ils avaient traversés.
On m’a confié la lourde tâche de piloter le navire, je me suis donc entouré des meilleurs éléments pour accomplir cette mission.
À ma droite, le canonnier Lufobrick, un voyageur hors pair.
Habitué de la chasse au cachalot, il sait naviguer sur tous les terrains. Quand certains utilisent les astres pour se repérer, lui
leur rend visite. Ne vous fiez pas à son sourire de Spaceman : tel
l'oeil de Sauron, sa longue-vue repère ces cibles à des kilomètres. Une fois dans son viseur, un seul coup de canon suffit pour vous
réduire en cendres.
À ma gauche, le timonier Pistash, également rédacteur dans
une gazette bien connue.
Troubadour de légende, son humour ravageur fera
tomber les masques. Il a participé à la grande
bataille navale “Lagon Master" l’année dernière, et ses
talents de
cuisinier ne sont plus à démontrer. L’atout idéal pour apporter
un peu beaucoup de couleur dans ce monde de brutes.