Portsall and the Amoco by
Loïc Gilbert, sur Flickr
16 Mars 1978. La date claque au fond des mémoires comme une lame s’abat sur le pont d’un navire chahuté par le gros temps. Elle éclabousse l’histoire maritime. Ce jour-là, l’Amoco Cadiz s’éventrait sur les roches déchiquetées de Portsall, vomissant ses 230 000 tonnes de mazout. La plus grande marée noire vécue en France suscitait une émotion considérable en Bretagne et dans le monde. Chacun se souvient : les cormorans englués, le ramassage à la pelle de sable souillé, le marathon judiciaire et son dénouement favorable aux petites communes bretonnes qui réussirent un fameux croche-pied à la puissante multinationale Amoco.B. Gilbert, 1998, “20 ans… et l’Amoco ?”
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Loïc Gilbert, sur Flickr
Pour le thème “Sale”, j’ai donc choisi de représenter une partie du village de Portsall (qui porte bien son nom), avec un contraste entre la côte et les terres.
D’un côté, une mer devenue une gigantesque flaque noire provenant de l’Amoco. Le navire pétrolier, un supertanker de 330 mètres, mal entretenu et victime d’une avarie de gouvernail, se dirigeait vers les roches escarpées au large de Portsall. Le capitaine tardant à donner l’alerte, le mastodonte s’échoue et se brise en deux.
Portsall and the Amoco by
Loïc Gilbert, sur Flickr
Sa cargaison se déverse sur le littoral et piège les navires du port. Les pécheurs resteront à quais pendant de longues semaines. Sur la plage, les tracteurs et des camions-citernes tentent d’extraire le mazout.
Portsall and the Amoco by
Loïc Gilbert, sur Flickr
Sur les terres, les infrastructures portuaires et la nature semblent avoir été épargnées, laissant des habitations immaculées et des champs aux couleurs vives. Mais l’odeur du mazout est toujours présente, et les habitants peuvent voir l’épave de leur fenêtre.
Portsall and the Amoco by
Loïc Gilbert, sur Flickr
Un procès s’engage entre les collectivités locales et la multinationale Amoco, et, pour la première fois, le tribunal donne raison aux élus bretons. Depuis, des mesures ont été prises pour éviter un tel drame : des radars peuvent identifier les navires en difficulté, un remorqueur stationne en continu à Brest, et davantage de pouvoirs sont donnés au préfet maritime pour intervenir et coordonner la réponse en cas de danger.
Presque 50 ans plus tard, la mémoire de ce drame reste vive à Portsall. L’ancre de l’Amoco a été érigée sur le bord de mer, en face du petit musée consacré à la catastrophe. L’épave peut être visitée par des plongeurs aventureux.
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Loïc Gilbert, sur Flickr
Pour en savoir plus :
- Une
vidéo du Monde qui raconte la catastrophe en 7 minutes
-
France 3 Bretagne - L' Amoco-Cadiz, la catastrophe du siècle avec des images d'archive
-
Archives du Finisterre, Naufrage de l'Amoco Cadiz